David Rock fait fureur. D’ores et déjà pressenti pour être l’orateur principal de l’année prochaine, il fait salle comble à chacune de ses (nombreuses) séances. C’est le préfixe neuro qui lui vaut cet intérêt massif. Aurons-nous enfin une explication scientifique de notre comportement, pourra-t-on détecter les circuits qui font la différence entre un bon et un excellent leader et pourrons-nous alors agir sur cette donnée, ou pourquoi ne pas avaler une pilule au lieu de suivre une formation ? Les attentes sont et restent élevées. Surtout quand, pour sa dernière séance, l’impétrant reçoit l’assistance de Steven Poelmans – eh oui, un Belge sur le podium, et qui s’en tire bien. David Rock passe en revue pratiquement tous les malentendus relatifs au temps et à l’espace, aux décisions et à la motivation.
En une semaine, nous n’avons que 6 heures de temps productif, le temps où l’esprit atteint son fonctionnement optimal (“best thinking”) n’intervient qu’à 10 % pendant le travail, les senior managers ne sont pas les meilleurs décideurs et notre cerveau est social en soi.
Et moyennant un peu de magie – David Rock ne révèle rien de sa méthode de recherche et ne se risque pas à étayer scientifiquement ses dires devant ce public – il aboutit à des conclusions passionnantes. Nous avons besoin de diversité dans notre expérience du temps afin de pouvoir nous concentrer – voir “the healthy mind platter” -, les travailleurs qui ont le contrôle de l’aménagement de leur lieu de travail sont 32 % plus productifs, ceux qui sont fortement axés sur l’objectif sont par définition moins axés sur l’humain, et la motivation est très individuelle. Pour en savoir plus, lisez mes livres ou rendez-vous l’an prochain ?
Heidi Grant Halvorson a clôturé cette année. Sans doute est-ce un hasard que ce soient les femmes qui clôturent la convention – la falaise de verre… – car la salle n’est plus qu’à moitié remplie. Et de fait, Heidi manque du brio et du sens de l’effet nécessaire afin de capter l’attention de 10.000 personnes. Pas de noms ronflants d’entreprises ni de PDG comme chez Jim Collens, pas de piano pour faire passer le message comme chez John Kao la veille ; à la place, de la recherche scientifique solide restreinte mais bien balisée. J’avoue avoir parfois eu l’impression d’être revenu sur les bancs de l’école, mais ce n’était pas un sentiment désagréable. Sa thèse est très simple : “stop being good, try to get better, instead of proving one should be improving” ; au lieu de vous comparer aux autres, comparez votre performance actuelle à votre performance passée. Le tout à chaque fois appuyé sur des recherches rigoureuses et des résultats frappants en faveur de la mentalité “get better”. Les frères Borlée font preuve de cette mentalité, ai-je lu aujourd’hui dans un journal flamand.
En guise de bouquet final, nous avons encore reçu un conseil pratique afin de résoudre l’écart entre le savoir et l’action (“knowing-doing gap”) : Ne déterminez pas seulement ce que vous faites, mais aussi l’instant et le lieu ; la chance que votre intention se traduise en actions en sera plus grande.
Don’t visualize success, but visualize the step that makes success happen. Heidi Grant Halvorson a joint l’acte à la parole et a tenté de s’améliorer, et elle y est très bien parvenue.



